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Avec l'iPhone, Apple espère renouveler la "succes-story" de l'iPod

Actualité publiée par CommentCaMarche.bot le vendredi 23 novembre 2007 à 18:10:00
Avec l'iPhone, Apple espère renouveler la "succes-story" de l'iPod(Paris - Relax news) - dès le 28 novembre prochain, dans la soirée, la france va entrer à son tour dans la galaxie iphone, avec le lancement commercial du téléphone tactile d'apple en partenariat avec orange. un lancement stratégique pour la marque à la pomme, qui espère écouler 10 millions d'iphone avant la fin 2008. et renouveler le succès constant rencontré depuis 2001 par l'ipod.

au dernier pointage officiel, fin octobre, 1,4 million d'iphone ont été écoulés sur le marché américain, où le terminal a été lancé fin juin. avec le renfort des marchés allemand et britannique, où le téléphone a été commercialisé le 9 novembre dernier, et du marché français dès la semaine prochaine, apple espère rapidement "passer la barre des 2 millions d'exemplaires vendus", explique-t-on du côté de la firme californienne.

un score honorable pour un nouvel entrant, mais qui reste très loin des "blockbusters" habituels. en mars dernier, la ps3 de sony s'était vendue par exemple à 600.000 exemplaires en l'espace de deux jours, et sur le seul marché européen. nokia, le numéro un mondial de la téléphonie selon gartner, écoule pour sa part un million de téléphones par jour aux quatre coins de la planète. la marge est grande, "mais nous arrivons avec un produit formidable, de rupture technologique", plaide-t-on chez apple..

pour se convaincre du potentiel de l'iphone, on préfère chez apple regarder du côté de l'ipod, autre produit de rupture technologique. le petit baladeur numérique s'est écoulé à plus de 100 millions d'exemplaires dans le monde depuis octobre 2001, date officielle de sa naissance. et le succès ne se dément pas depuis. rien qu'entre juillet et septembre derniers, l'ipod s'est vendu à 10,2 millions d'unités.

pour tenter de connaître un destin comparable, l'iphone a donc décidé de reprendre les ingrédients qui ont fait, et font encore, le succès de l'ipod : du design, de la simplicité, de l'innovation et une dose de marketing de haute volée. une recette bien maîtrisée chez apple. "nous avons réalisé une étude de satisfaction aux etats-unis. il en ressort que 95% des propriétaires d'iphone se disent satisfaits, c'est un score incroyable", souligne-t-on à cupertino, la ville berceau d'apple.

le jeu de séduction de l'iphone vis-à-vis de son propriétaire repose sur six dimensions clefs : un écran de grande taille, une navigation tactile très fluide, des accès directs aux fonctions web, un univers ipod-itunes intégré, un caractère évolutif du terminal grâce aux mises à jour, le tout enrobé dans un design très soigné. bref, un bel objet, futuriste, que l'on montre volontiers, mais que l'on paye cher : près de 400 euros avec abonnement, au moins 800 euros sans abonnement.

les puristes regretteront l'absence de 3g, de vidéo et de fonction gps. "lors du développement de la première version de l'iphone, nous avons souhaité respecter une double contrainte : créer un téléphone de petite taille et offrir une bonne autonomie sur batterie. face à cette double contrainte, nous avons écarté des fonctionnalités. mais les prochaines versions de l'iphone intègreront à terme ces fonctionnalités, et bien d'autres", s'empresse-t-on de souligner chez apple. le meilleur de l'iphone serait donc à venir, de quoi donner envie de patienter un peu avant d'acheter.

si le téléphone en tant que tel impose le respect, le dialogue noué entre apple et les opérateurs mobiles révèle davantage d'incertitudes. dans chaque pays, apple a choisi un opérateur exclusif avec lequel la firme distribue son iphone verrouillé sur le réseau en question. en france, l'heureux élu est orange. mais chez l'opérateur français, le modèle imposé par apple fait grincer des dents : un prix de vente élevé pour le terminal (399 euros avec abonnement) et, surtout, des royalties perçus sur les abonnements générés par le téléphone.

habitués à être les maîtres d'orchestre du marché, les opérateurs mobiles observent avec méfiance la stratégie d'apple, d'autant que le verrouillage de l'appareil sur un réseau donné ne résiste guère au temps. aux etats-unis par exemple, deux mois après le lancement en partenariat avec l'opérateur at&t, apple admettait que 240.000 iphone avaient été débloqués. des téléphones capables d'être activés sur n'importe quel réseau concurrent. petite douche froide pour at&t.

or se mettre les opérateurs à dos n'est pas sans problème. "c'est le risque que prend apple avec son modèle, souligne un expert de la téléphonie. le marché des téléphones mobiles repose dans beaucoup de pays sur les offres de renouvellement ou d'abonnement parrainées par les opérateurs. et ces offres proposent des terminaux à petit prix, avec des téléphones de haut niveau pour quelques dizaines d'euros." un mécanisme face auquel apple a choisi pour l'heure de tracer sa propre voie, au risque de voir ses ventes ne pas décoller au niveau atteint par l'ipod.

pour beaucoup d'observateurs, le modèle actuel de distribution de l'iphone ne serait que provisoire, afin d'assurer des lancements dignes de ce nom, teintés d'exclusivité, dans chaque pays et avec la force de frappe commerciale d'un opérateur. "tôt ou tard, apple ouvrira les vannes en grand avec tous les opérateurs, poursuit l'expert. on ne peut pas se couper d'une partie du marché indéfiniment quand les abonnés renouvellent en moyenne leur téléphone tous les 23 mois avec l'aide des programmes de fidélité."

cette "ouverture de vannes" apparaît d'autant plus nécessaire qu'elle offrirait une clientèle plus large à itunes, le service payant de musique et de vidéo lié. mais cette stratégie comporte également un risque majeur pour apple : que les ventes de l'iphone, parrainées par les opérateurs, cannibalisent celles de l'ipod. pour éviter cet écueil, il y a fort à parier que l'iphone restera un téléphone toujours un plus cher que les autres, et dont l'évolution sera marquée par des nouveautés fortes. bref, la stratégie du produit à part, chère à apple.